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Journées du patrimoine 2021 archives départementales du Cantal

14 Septembre 2021, 10:37am

Publié par Françoise Picot

Journées du patrimoine 2021 : les Archives au clair de lune

Les Archives départementales du Cantal dévoilent leurs richesses cachées pour les journées européennes du Patrimoine. Une visite nocturne et insolite vous est proposée pour découvrir les dédales du bâtiment des Archives et ses trésors.

Visite gratuite vendredi 17 et samedi 18 septembre à 20h30
(entrée 1, rue du 139e R.I. à Aurillac).

Inscription obligatoire avant le 17 septembre à midi, au 04.71.48.33.38, dans la limite des places disponibles.

PASSE SANITAIRE OBLIGATOIRE.

Se munir d'une lampe torche.

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Exposition : " 2000 ans de passages du chemin gaulois à l’A75" Musée de la Haute-Auvergne (Saint-Flour) - 2020-2021

14 Septembre 2021, 10:03am

Publié par Françoise PICOT

Exposition : " 2000 ans de passages du chemin gaulois à l’A75"

Musée de la Haute Auvergne (Saint Flour) 2020-2021

catalogue issu de l'exposition

Ce catalogue intègre les apports récents de l’archéologie et de la recherche historique. L’iconographie inédite d’objets et œuvres peu connus nous convie à un voyage historique sur de très anciennes routes, toujours en usage pour certaines : des itinéraires antiques aux routes de postes, des sentiers muletiers aux chemins de fer traversant le volcan et enjambant des rivières sur des viaducs aériens.

Aujourd’hui 50 km d’autoroutes, 120kms de la route N122, 3969 kms de routes départementales, et 6 361 km de routes communales traversent le Cantal

Prenons la route en rêvant aux marcheurs, cavaliers, routiers, colporteurs, postillons, gens d’armes et gens de peu qui nous y ont précédés depuis plus de 2000 ans.

Extraits de ce catalogue :

photo 1 "le courrier de Chaudes-Aigues"

photo 2 : "Autobus de la Société Darracq-Serpollet"

Photo 3 :  "Arrivée de l'autobus au garage des diligences à Chaudes-Aigues"

Commentaires de ces 3 photos :

Exposition très intéressante qui nous fait découvrir l'évolution des routes dans le Cantal.

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Une innovation pour les communications cantaliennes : les boîtes postales mobiles (1869-1930)

1 Septembre 2021, 17:23pm

Publié par Françoise Picot

Document du mois transmis pas les archives du Cantal en 2016

En ce mois de juillet 1930, l’impatience des commerçants de Jussac et de Saint-Cernin se fait sentir : alors que de nombreuses communes du Cantal bénéficient d’un service de boîtes mobiles, eux sont tributaires du receveur de l’administration des postes.

Quoi de plus frustrant, en effet, que de devoir se contenter de l’unique levée quotidienne du bureau de poste ?
C’est le constat que fait dès 1842 un inspecteur des postes de Bordeaux, qui va avoir l’idée de mettre en place des boîtes mobiles.
Il s’avère en effet que malgré les arrêtés du gouvernement du 27 prairial an IX et du 2 messidor an XII, qui interdisent à tout individu étranger à l’administration des postes de s’immiscer dans le transport des lettres et journaux, le service public est durement concurrencé par des transporteurs privés. Ces transports frauduleux représentent un grand manque à gagner pour les postes, sont difficiles à circonscrire et impossibles à égaler.

La solution proposée par l’inspecteur bordelais est simple : légaliser ces services en les insérant dans la boucle de distribution du courrier. C’est ainsi que sont mises en place les boîtes mobiles, installées à l’arrière des diligences. Le système se répand peu à peu et est adopté dès 1869 par le courrier reliant Neussargues à Marcenat, ainsi que celui d’Allanche à Sainte-Anastasie. Sur la carte postale jointe, datée de 1903, on distingue nettement la boîte fixée à l’arrière de la diligence d’Allanche, sous la main du conducteur.

Diligence d'Allanche avec une boîte postale

Grâce à ce système, l’administration des postes est largement gagnante. Elle laisse en effet aux communes le soin de traiter avec les convoyeurs et d’acheter les boîtes, tandis que le produit des taxes et des timbres lui revient intégralement.

Les boîtes sont quant à elles accrochées à l’arrière du véhicule.
Toute personne a ainsi la possibilité de glisser son courrier dans la boîte au passage de la diligence, que celle-ci soit à l’arrêt ou en marche – on demande aux conducteurs de réduire le pas de chevaux lorsqu’ils traversent des bourgs dans lesquels ils ne s’arrêtent pas. Lorsqu’il atteint une commune dotée d’un bureau de poste, le convoyeur confie la boîte au receveur des postes, qui garde les lettres qu’il aura à distribuer et remet dans la boîte les autres ainsi que les plis postés le jour même par les habitants de son village. Les clés des boîtes ne sont détenues que par les agents de l’administration postale, mais il va de soi que cette activité n’échappe pas aux abus.
En 1926, le service de boîte mobile est interrompu entre Raulhac et Narnhac, en raison de la disparition suspecte d’un certain nombre de correspondances.

Entre 1869 et les années 1920, le service s’étoffe à l’échelle cantalienne.
Dès lors qu’un courrier dessert quotidiennement une ligne, le directeur des postes donne son autorisation au transporteur pour prendre en charge une boîte, la difficulté principale résidant dans la rémunération du transporteur, à la charge de la commune.
Il est donc compréhensible que les habitants et commerçants de Jussac et Saint-Cernin, qui ont enfin les moyens de bénéficier du service grâce à une subvention du Conseil général votée l’année précédente, s’offusquent de ne pas voir apparaître les boîtes tant attendues. Pour donner plus de poids à leur pétition, celle-ci est relayée par le président de l’Union des commerçants et industriels du Cantal. Il est à supposer cependant que leur impatience sera bientôt apaisée : la réponse de la préfecture, les informe que M. Chansac Louis, entrepreneur en service d’autobus entre Aurillac et Fontanges, a reçu toutes instructions de la part de l’administration des postes pour mettre en place les boîtes mobiles. La couverture du réseau de communication est donc assurée !

6 P 356 et 45 Fi 17131

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Un établissement précurseur : l’école de filles de Molompize au XVIIe siècle

1 Septembre 2021, 17:05pm

Publié par Françoise Picot

Document du mois transmis par les archives du Cantal en 2018 :

 

Alors qu’aujourd’hui tous les enfants de France préparent leur cartable pour la rentrée scolaire, il était loin d’en être de même il y a trois cent vingt ans.
Pourtant, à Molompize, quelques enfants eurent le privilège de s’asseoir dès la fin du XVIIe siècle sur les bancs de l’école ou, pour être plus précis, des écoles. Car Molompize a la particularité d’avoir accueilli une école pour filles, en plus d’une école pour garçons, trois siècles avant la loi Falloux (1850, ouverture obligatoire d’une école de filles dans les communes de plus de 800 habitants).

Cette initiative est due au curé de Molompize, Jean Truche, qui par cet acte exposé fait don à la communauté des filles de la Croix, congrégation enseignante établie à Saint-Flour au moins depuis 1661, d’une maison dans le bourg de sa paroisse, avec jardin et vigne, le 25 octobre 1695.
En contrepartie, les sœurs s’engagent à détacher comme maîtresses à Molompize deux d’entre elles « sachant bien lire, écrire, chiffrer et faire les petits ouvrages convenables à leur sexe ». Il va de soi qu’à ces enseignements de base s’ajoutent le catéchisme et les principes de la foi. Afin que ces dispositions puissent profiter à toutes les familles, l’école sera gratuite.

Les Filles de la Croix pourront également nommer un maître d’école, prêtre de Molompize de préférence aux « étrangers », mais non son curé ou son vicaire, afin de prendre en charge une école de garçons. Il faut souligner ici le fait assez rare qu’un ecclésiastique confie à des femmes la responsabilité de nommer un maître pour les garçons. Le choix devra toutefois être validé par l’évêque de Saint-Flour, et la séparation des sexes, y compris pour les enseignants, reste de mise.

L’enseignement des garçons sera un peu plus complet : on y ajoute l’arithmétique, de sorte que les élèves soient à l’issue de leur scolarité aptes à entrer au collège en cinquième s’ils le souhaitent, ou poursuivent l’école jusqu’à un niveau de troisième moyennant dans ce cas une cotisation de 10 sols par mois.

Pour finir, le généreux donateur règle l’organisation de la journée des enseignants : messe le matin pour tous les écoliers, examen de conscience, chants liturgiques et oraison pour le repos de l’âme de Jean Truche le soir. En dehors des cours, le maître devra en outre assister le curé de la paroisse, tandis que les sœurs s’occuperont de l’entretien du linge et des ornements de la sacristie, et de la confection des hosties.

Le sieur Truche souhaitant garder l’usufruit de sa maison, ces dispositions ont certainement été mises en place après son décès, intervenu en 1698. Les délimitations données dans l’acte (le ruisseau de Mazelaire au midi, le chemin du Trémoulet à l’ouest, un commun au nord et une maison à l’est) laissent supposer que l’école pouvait se trouver vers l’intersection actuelle entre la route nationale 122 et la route départementale 155, à l’entrée d’une ruelle qui remonte vers la mairie. Si aucun chiffre de fréquentation ne nous est parvenu, nous savons cependant que l’école a bel et bien existé pendant quelques décennies.
En 1736, malgré leur promesse, les sœurs décident de se retirer de Molompize et d’emporter les meubles. Les habitants se révoltent alors contre ce déménagement, ce qui donne lieu à un inventaire du mobilier. La présence de dix lits peut indiquer que certaines élèves venaient de loin et restaient en pension, à moins que les sœurs elles-mêmes n’aient été plus de deux sur place : on trouve parmi les vêtements « quarante coiffes des sœurs de jour, trente deux coiffes de nuit », ce qui semble beaucoup pour deux personnes.
A cela s’ajoute des ustensiles de cuisine, des meubles de rangement, une cloche pour sonner l’école, « un » horloge ainsi qu’une quarantaine de livres de catéchisme et de théologie, représentant une bibliothèque bien garnie.

Les sources trop lacunaires ne nous permettent pas d’évaluer la rareté des écoles de filles en Haute-Auvergne, ni l’impact de l’enseignement donné à Molompize.
A la fin du XVIIIe siècle, on dénombre au moins quatorze paroisses disposant d’une école ou d’une congrégation enseignante[1], en majorité destinées aux garçons (citons à l’est du Lioran Allanche, Murat, Saint-Flour, Chaudes-Aigues et Pierrefort). L’épisode molompizois, bien que bref, n’en semble pas moins exceptionnel dans ce contexte.

55 H 4

[1] Jean-Luc Bergasol, « L’enseignement en Haute-Auvergne aux XVIIe et XVIIIesiècles », Revue de la Haute-Auvergne, t. 73, janvier-mars 2011, p. 3-24.

Ci-dessous copie de l'acte de donation :

 

 

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Antoine Delpuech, 120 ans : de la bataille de Fontenoy au hameau de Marze (Saint-Cernin)

1 Septembre 2021, 16:05pm

Publié par Françoise Picot

En 2018, les archives départementales nous proposaient un document : un acte de décès de Antoine Delpuech à Saint Cernin en 1840.
L'âge indiqué sur l'acte de décès ci-dessous pouvait apporter le doute à tous généalogistes.

Dans l'article ci-dessous, on peut voir les différentes étapes utilisées pour effectuer les recherches.

Antoine Delpuech, 120 ans : de la bataille de Fontenoy au hameau de Marze (Saint-Cernin)

Dans les registres paroissiaux et d’état civil se trouvent des actes qui, bien que noyés au milieu de milliers d’autres, ne passent pas pour autant inaperçus. L’acte de décès présenté ici fait partie de ces quelques-uns qui interpellent et donnent envie d’en savoir un peu plus sur la personne concernée.

Antoine Delpuech, décédé en 1840 au hameau de Marze (aujourd’hui Marzes) sur la commune de Saint-Cernin, n’est pas tout à fait un inconnu. L’éloge funèbre retranscrit dans La Revue du Cantal du mercredi 18 mars 1840 témoigne de la célébrité certaine dont jouissait cet homme à la longévité exceptionnelle :
« Quel spectacle admirable que celui de 120 ans, réuni sur la tête d’un seul homme exempt de toutes les infirmités qui assiègent une vieillesse commune ! […] Homme privilégié ! Dis-nous par quel heureux artifice tu as pu captiver ainsi la nature, et la forcer de dévier de sa règle commune ! »

Soldat pendant la Guerre de la succession d’Autriche (1740-1748), il prit part à la bataille victorieuse de Fontenoy sous les ordres de Jean de Calonne, futur marquis du château du Cambon à… Saint-Cernin. Lors de cette bataille, le régiment d’Antoine Delpuech fut durement touché et seulement six soldats sortirent vivants de l’affrontement.

Si la date de décès ne fait pas de doute, sa date et son lieu de naissance sont quant à eux un peu plus difficiles à déterminer. Jean-Baptiste Bouillet, dans ses Tablettes historiques de l’Auvergne, indique qu’il est né le 6 octobre 1719. Mais peut-on être tout à fait certain de ces informations alors que son acte de baptême n’a, à ce jour, pas été retrouvé ?

Une petite recherche généalogique nous apprend notamment que notre Antoine Delpuech s’est marié avec Marie Joanny en 1776 à Saint-Cernin. Et que de leur union sont nés plusieurs enfants, cités dans le registre de déclaration de mutation par décès du bureau de Saint-Cernin : Marianne, Marie, Marie (une seconde), Toinette, Thérèse, Pierre et Antoine. L’aînée semble être une des deux Marie qui naquit le 15 novembre 1776.

Nous noterons ainsi qu’Antoine Delpuech aurait attendu d’avoir 57 ans pour connaître les joies de la paternité. Et que Thérèse, la petite dernière, a pointé le bout de son nez en 1791 : Antoine est ainsi à nouveau papa à 72 ans…

Sans remettre en cause la longévité de cette figure locale, il serait sans nul doute intéressant de pousser un peu les recherches afin de pouvoir certifier cet âge de 120 ans. Les généalogistes amateurs savent que la fiabilité de l’âge indiqué dans les actes de décès n’est pas toujours élevée…

Ainsi, se plonger dans les registres paroissiaux de Saint-Cernin ou de Marmanhac ferait peut-être avancer les choses.
De la même manière, compulser la correspondance du préfet Delamarre permettrait aussi de trouver des informations sur la pension qu’Antoine Delpuech percevait directement de la part du roi des Français Louis-Philippe.
En effet, l’éloge funèbre nous apprend que ce dernier avait une attention toute particulière pour l’ancien soldat : « et lorsque ton roi viendra de nouveau nous demander des nouvelles du doyen des armées françaises, nous lui répondrons : Sire, il est allé rejoindre ses compagnons d’arme de Fontenoy ».

2 E 175/30 et 5 JOUR 1

Notice rédigée par Sylvain Maury

Revue du Cantal 18 mars 1840 page 1
Revue du Cantal 18 mars 1840 page 2

Pour aller plus loin :

- J.-B. Bouillet, Tablettes Historiques de l’Auvergne : 2 BIB 5003

- Acte de mariage du 7 février 1776, registre paroissial de Saint-Cernin (1767-1783) : 5 Mi 316/4, vue 185. Cet acte indique que les parents du marié viennent de Péruéjouls, commune de Marmanhac http://archives.cantal.fr/ark:/16075/a011324371641bJcf3G/1/185

- Registre de déclaration de mutation par décès, bureau de Saint-Cernin : 3 Q 8285

- Acte de naissance de Marie Delpuech (aînée d’Antoine ?), registre paroissial de Saint-Cernin (1767-1783) : 5 MI 316/4, vue 197 http://archives.cantal.fr/ark:/16075/a011324371641bJcf3G/1/197

- Acte de naissance de Thérèse Delpuech, registre paroissial de Saint-Cernin (1784-1791) : 5 MI 316/5, vue 154 http://archives.cantal.fr/ark:/16075/a0113243716410o9qBJ/1/154

- Correspondance du préfet Delamarre : 33 M.

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Le permis de chasse de Monsieur ESPINASSE - Salers -

1 Septembre 2021, 15:35pm

Publié par Françoise Picot

Ci-dessous document du mois des archives du Cantal (2014) avec commentaires.

1844. C’est la fin de l’été, le préfet du Cantal Francisque Petit de Bantel a déclaré l’ouverture de la chasse le 25 août, et M. Jean Baptiste Michel Espinasse désire aller taquiner bécasses et perdrix. Il adresse donc sa demande au préfet, par l’intermédiaire du maire de Salers, la commune où il réside, et c’est ce document en forme de diplôme qu’on lui délivre.

Permis de chasse Monsieur ESPINASSE à SALERS

De très grande taille (il mesure environ 33 cm par 41), ce permis en impose par sa forme officielle : belles lettres, double signature du préfet et de son secrétaire général, cadre de fresques végétales, filigramme représentant Louis-Philippe et, en grandes majuscules, l’invocation « Au nom du roi ».
La photographie étant encore à ses premiers balbutiements, on indique le signalement détaillé du porteur dans la colonne de gauche : son âge (57 ans), sa taille (1, 67m), et la description point par point de son visage. M. Espinasse a les cheveux, les sourcils, la barbe et les yeux gris, le front rond, le nez aquilin, la bouche moyenne, le menton rond, le visage ovale et le teint brun ; ce portrait-robot suffira au garde-champêtre qui contrôlera le chasseur.
Mais cet aspect solennel est contrarié par les ratures qui apparaissent à différents endroits du permis : cela ne vient-il pas annuler la validité du document ?

1844 est une année importante pour la législation de la chasse, alors que les choses avaient été peu encadrées depuis la Révolution. Le 4 août 1789 est votée l’abolition des privilèges, dont celui de chasser.
Mais cette démocratisation de la chasse entraîna deux conséquences auxquelles on n’avait pas pensé alors : d’une part la destruction des récoltes par une pratique irrespectueuse sur les terres d’autrui, et d’autre part la raréfaction du gibier.
Napoléon décide donc, par un décret du 11 juillet 1810, d’instaurer l’obligation pour les chasseurs d’obtenir des passeports et permis de port d’armes de chasse, au prix de 30F (il ne sera plus qu’à 15F qu début des années 1840). Ce prix, prohibitif pour une grande partie de la population, réduisit le nombre de chasseurs. Mais il faut attendre la loi du 3 mai 1844 pour que la chasse soit véritablement encadrée.

Cette loi traite à la fois des pratiques de chasse et des chasseurs. Elle exclut d’emblée toute la population « réputée dangereuse » : le chasseur doit être inscrit au rôle des contributions foncières, autrement dit il doit être propriétaire, ce qui fait de lui un homme respectable.
Toute personne ayant subi une condamnation pénale, notamment pour mendicité ou vagabondage, en est exclue.
Les enfants mineurs de 16 à 21 ans et les domestiques peuvent bénéficier d’un permis, mais restent sous la responsabilité du maître de maison.

Outre ces précautions relatives aux chasseurs, la loi tente de protéger le gibier en interdisant la chasse pendant les périodes de reproduction ou de migration : elle est limitée à une période précise de l’année, déterminée par le préfet de chaque département, et la destruction des œufs est prohibée.
Seules deux techniques de chasse sont autorisées, « soit à tir, soit à courre, à cors et à cris ». L’utilisation d’appeaux est proscrit.
La France étant un pays où la propriété privée est un droit fondamental, celle-ci est en bonne place dans la loi de 1844 : l’article 2 dispose qu’un propriétaire peut chasser sur ses terres sans permis, à condition qu’il s’agisse de « possessions attenant à une habitation et entourées d’une clôture continue faisant obstacle à toute communication avec les héritages voisins ».
Par ailleurs, la chasse n’est autorisée sur les terres d’autrui qu’avec son consentement, et à condition que ces terres soient « dépouillées de récoltes ». On évite ainsi tous les abus ayant eu lieu depuis la Révolution.

Le permis de port d’armes de chasse devient donc un permis de chasse, mais les nouveaux documents n’ont pas le temps d’être imprimés avant le mois d’août ; on utilise alors les anciens formulaires, en y apportant des corrections à la main. Ce changement est également l’occasion d’augmenter le prix du permis : 15F pour l’Etat, et 10F supplémentaires pour la commune.

Parmi toutes les marques d’authentification, seule la signature du porteur manque, de même que sur la plupart des autres permis conservés dans les archives communales de Salers.
On aurait pu croire que le sieur Espinasse n’était jamais venu retirer son permis, mais les nombreuses pliures du document semblent nous indiquer le contraire. Il est probable que les chasseurs aient jugé cette signature inutile, voire même qu’ils n’aient pas pris garde à cette rubrique. Au moment du renouvellement de leur permis, ils venaient présenter l’ancien pour soutenir leur demande, et celui-ci a été conservé par le secrétaire de mairie.

 

ADC E DEP 1325/27

 

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Plus de 14,5 kilomètres de documents : des trésors à tous les étages des Archives départementales (Cantal)

1 Septembre 2021, 14:40pm

Publié par Françoise Picot

Lien ci-dessous vers l'article de "La Montagne" paru le 26 août 2021 :

Plus de 14,5 km de documents : des trésors à tous les étages des archives du Cantal

Mémoire du département où le passé se conjugue au présent, les Archives départementales renferment de nombreux trésors.
Plus de 14,5 kilomètres de documents sont entreposés dans les cinq étages du bâtiment. Ces morceaux d’histoires sont pour la plupart consultables dans la salle de lecture ou sur Internet. Visite.

Pour information,
Marion Blocquet est la nouvelle directrice des Archives départementales. Elle a pris ses fonctions début juillet.

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les noms de famille les plus répandus dans le Cantal

1 Septembre 2021, 10:35am

Publié par Françoise Picot

Quels sont les noms de famille les plus répandus dans le Cantal ?

Découvrez le Top 50 des patronymes du département. Des données collectées pendant un siècle.

Noms de famille les plus répandus dans le Cantal
https://actu.fr/societe/le-top-50-des-noms-de-famille-les-plus-repandus-dans-le-cantal_42955383.html

Serre, Vidal et Robert. Ce sont les noms de famille les plus répandus dans le Cantal. Si l’on se réfère au site geopatronyme.com.

 

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Articles parus dans la revue Française de Généalogie

1 Septembre 2021, 10:15am

Publié par Françoise Picot

Ci-dessous deux liens vers des actualités généalogiques :

Généanet racheté par Ancestry
https://www.rfgenealogie.com/infos/geneanet-rachete-par-ancestry-leader-mondial-de-la-genealogie

My Héritage acquiert Filae
https://www.rfgenealogie.com/infos/myheritage-acquiert-filae-apres-avoir-signe-un-accord-avec-geneanet

 

Merci à notre adhérent Paul Leparoux pour le partage.

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Le document du mois des archives départementales du Cantal

1 Septembre 2021, 09:48am

Publié par Philippe BIDAULT

Les Chambeyron : une famille d’artistes

Des Mongador aux Grossetto

Sources : Plus qu’une vie. Les Mongador, une famille de cirque par Antoinette Chambeyron. – Aurillac : éditions de la Flandonnière, 2018 (cote ADC : 8 BIB 3750).

Document rédigé par Nicolas Laparra

Pierre Chambeyron est le fondateur de cette dynastie d’artistes. Originaire de la Loire où sa famille dirigeait, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, une importante entreprise de transport de voyageurs, il est pressenti pour reprendre l’entreprise familiale, mais en décide tout autrement. Il quitte Rive-de-Gier pour Paris, et sans que l’on sache vraiment pourquoi, décide de faire carrière dans le cirque. Engagé par le cirque italien Piérentioni pour l’assister, au cours d’une tournée en France, dans les négociations avec les autorités locales, il y rencontre sa future femme Mathilde Capelli, elle-même écuyère. Ils auront cinq enfants : Gaston, Georges, Marcel, Jeanne et René.
Véritables « enfants de la balle », baignés dans l’univers du cirque, ils se tournent à leur tour vers le monde du spectacle. Gaston et Jeanne, les deux aînés de la fratrie, forment à leurs débuts le « Duo Delarambla », présentant un numéro mêlant danse et acrobaties. Georges, quant à lui, opte pour le jonglage, vite rejoint par ses deux ainés. Ils forment un nouveau trio proposant un véritable numéro de jonglage auquel il donne le nom de « Mongador ».

Peu à peu, la famille Chambeyron et les Mongador ne font plus qu’un. Pierre administre leur carrière, Mathilde s’occupe de l’intendance, tandis que l’ensemble de la fratrie prend part au numéro.
Dans les années qui précèdent le Grande Guerre, ils délaissent le cirque pour le music-hall et partent pour l’Angleterre, où l’industrie du spectacle est la plus avancée. Le pays compte déjà près de 700 théâtres, 71 dans la seule ville de Londres. Après la guerre et quelques années passées à Londres, Pierre et Mathilde décident de rentrer en France et de venir s’installer définitivement à Aurillac. La famille y avait déjà vécu quelques mois près de vingt ans auparavant et en conservait un souvenir ému. Les Mongador continuent leur carrière malgré la perte de leur frère René, mort pour la France.

Les années passent et la composition de la troupe se modifie.
Après-guerre, ils partent pour l’Amérique du Nord. Et, pour affronter ce nouveau public, deux nouveaux membres prennent part au numéro : Nina, Italienne de talent, trapéziste et acrobate, qui avait déjà fait ses preuves dans la troupe de son père, Sylio Cervini ; et Anne, jeune Anglaise, championne de natation et meneuse de revue accomplie.

La première, épouse de Gaston, la seconde, épouse de Georges, toutes deux converties au jonglage. Avec Jeanne, les Mongador sont désormais cinq sur scène. A leur retour d’Amérique, ils alternent entre cirque et music-hall : cirque Bureau, cirque Bouglione, le Moulin-Rouge, l’Alhambra de Paris… Ils tournent partout en Europe : Glasgow, Copenhague, Madrid, Amsterdam, Hambourg, Berlin, Vienne, Rome, Turin…
Les Mongador pratiquent une jonglerie de groupe, émaillée de passages comiques où Georges se produit en clown. Le numéro se déroule à une cadence soutenue pour finir crescendo. La troupe scénarise son numéro au point d’apporter son propre rideau de fond de scène. Le déroulement des séquences, la répartition des rôles, l’éventail, la forme et la présentation des objets lancés, ainsi que le choix des costumes font l’objet d’une préparation minutieuse. Gaston réalise quelques « trucs » personnels comme les douze bougies rattrapées dans les douze godets d’un bougeoir.

Après l’arrêt de Jeanne, la troupe n’est maintenant plus composée que des deux couples : Gaston-Nina et Georges-Anne. Elle sera bientôt rejointe par un nouvel arrivant, Gabriel dit Gaby, fils de Gaston et Nina, né à Londres en 1923. Le jeune Gabriel est intégré au numéro en 1938 à l’occasion d’une tournée en Pologne. Dès l’année suivante, il doit provisoirement remplacer son oncle souffrant lors d’une tournée au Danemark et s’en tire avec les honneurs. Mais la guerre rattrape les Mongador qui doivent rentrer en France et viennent s’installer à Aurillac. C’est la fin de la troupe qui ne se reconstituera pas. Ils ont vécu sur trois générations d’artistes, exercé dans plus de 860 théâtres et 104 cirques, réalisant au total plus de 30 000 représentations à travers le monde entier.

Ce n’est pas pour autant la fin de l’aventure pour la famille Chambeyron. Une autre formation va naître : les « Grossetto » ou « Trio Grossetto », formée par Gaston, Nina et leur fils Gabriel. Elle connait le même succès que les Mongador dans le monde du cirque comme dans celui du music-hall. Ils se produisent surtout au Royaume-Uni mais ne délaissent pas pour autant le public français. 
Quand Nina se retire en 1953, Gaston et Gabriel constituent le duo « Gaby Grossetto et Gaston », puis Gabriel terminera sa carrière en solo sous le nom de « Gaby Grossetto ». Il abandonne la scène en 1984 pour s’occuper de sa mère et se retire à Aurillac, où il vivra jusqu’à son décès en 1998.

 

Le Trio Grossetto sur scène : Gaston, Nina et Gabriel. - Cliché Olympia Paris, Rosardy.
Les Mongador : Gaston, Nina, Anne et Georges

 

Cotes ADC : 1 J 655, 107 Fi 9 et 107 Fi 59.

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